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Afghanistan : le CDH de l'ONU dénonce "l'oppression" des femmes par les talibans
information fournie par AFP 05/10/2026 à 16:54

Une Afghane en burqa frappe à la porte d'une maison, à Kandahar, en Afghanistan, le 28 septembre 2026 ( AFP / Sanaullah SEIAM )

Une Afghane en burqa frappe à la porte d'une maison, à Kandahar, en Afghanistan, le 28 septembre 2026 ( AFP / Sanaullah SEIAM )

Le Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'ONU a exhorté lundi les talibans à abroger les pratiques restreignant les libertés fondamentales des femmes et des filles, déclarant que la discrimination institutionnalisée en Afghanistan devrait choquer l'humanité.

Lundi également, la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, a rendu publics deux mandats d'arrêt visant des ministres afghans chargés de l'éducation, pour persécutions liées au genre, un crime contre l'humanité.

A Genève, le CDH, organe onusien chargé de la protection des droits humains et composé de 47 États membres, a adopté à l'unanimité une résolution présentée par 37 pays européens, le Canada et le Chili.

Le Conseil y exprime sa profonde préoccupation face à "l'oppression grave, croissante, généralisée et systématique de toutes les femmes et filles en Afghanistan par les talibans", soulignant que la situation des droits humains se détériore dans ce pays.

Il "déplore l'institutionnalisation par les talibans de leur système de discrimination, de ségrégation, de domination, de mépris de la dignité humaine et d'exclusion des femmes et des filles, ainsi que les préjudices ainsi ancrés, qui sont insoutenables, injustifiables et devraient choquer la conscience de l'humanité".

Les talibans sont revenus au pouvoir en Afghanistan en 2021 et ont imposé une version stricte de la loi islamique. Leur régime est largement exclu de la communauté internationale, qui critique ses mesures répressives.

Une Afghane en burqa sur une route du district d'Argo, dans la province de Badakhshan, en Afghanistan, le 15 septembre 2026 ( AFP / Omer ABRAR )

Une Afghane en burqa sur une route du district d'Argo, dans la province de Badakhshan, en Afghanistan, le 15 septembre 2026 ( AFP / Omer ABRAR )

Les femmes sont particulièrement touchées : interdites dans les lieux publics, y compris les parcs, et dans la plupart des emplois, tandis que l'éducation des filles est proscrite au-delà de 12 ans.

À ce sujet, la CPI a rendu publics les mandats d'arrêt visant Habibullah Agha, ministre de l'Education, et Neda Mohammad Nadeem, ministre de l'Enseignement supérieur.

Ces mandats avaient été émis sous scellé le 9 septembre 2025, quelques mois après ceux visant le chef suprême taliban, Haibatullah Akhundzada, et le président de la Cour suprême afghane, Abdul Hakim Haqqani.

La Chambre préliminaire de la CPI a conclu, selon un communiqué, qu'il existait "des motifs raisonnables" de croire que "les quatre suspects étaient pénalement responsables d'avoir ordonné, incité ou sollicité la commission d'un crime contre l'humanité de persécution (...) pour des motifs liés au genre à l'encontre de filles, de femmes et d'autres personnes ne se conformant pas à la politique des talibans en matière de genre, d'identité ou d'expression de genre".

Dans sa résolution, le CDH s'est pour sa part dit profondément préoccupé par "l'érosion continue, systématique, systémique et généralisée" du respect des droits des femmes par les talibans.

Il a déclaré que de nombreux droits avaient été "la cible d'attaques concertées en Afghanistan ces cinq dernières années", les talibans ayant "mis en œuvre un réseau d'édits et de mécanismes de contrôle institutionnels, qui ont remodelé presque tous les aspects de la vie publique et privée, façonnant une société fondée sur le conformisme idéologique, la peur et l'exclusion".

Le CDH a exhorté les talibans à abroger "toutes les politiques et pratiques qui restreignent la jouissance des droits humains et des libertés fondamentales des femmes et des filles", dont les droits à la liberté de réunion pacifique, à l'éducation, au travail et de vote.

Il a de surcroît appelé la communauté internationale à davantage s'engager "envers toutes les parties prenantes en Afghanistan", en ce qui concerne les droits humains et les libertés fondamentales de tous les Afghans.

Le Conseil a aussi réaffirmé que les mariages d'enfants, les mariages forcés et l'esclavage sexuel des garçons constituent des violations des droits humains.

Déplorant les souffrances du peuple afghan, il a en outre exprimé sa profonde préoccupation face à l'impunité profondément ancrée dans le pays.

Le CDH a prolongé d'un an le mandat de son rapporteur spécial indépendant sur la situation des droits en Afghanistan.

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